La constitution des collections
Les collections des musées sont, le plus souvent, dues à des hasards et des contextes historiques particuliers, voire aux fluctuations du marché de l'art. Certains grands musées sont nés de collections réunies sous l’Ancien régime, d’autres doivent leur richesse au passé colonial de leur pays. Chaque musée a une histoire particulière et les musées constitués sur la base d’un projet ou d’une thématique particulière sont relativement rares. Certaines collections privées ont été transformées en musée ouvert au public.
La plupart des musées continuent à acquérir des objets. Pour les musées d'archéologie locale, il s'agit essentiellement d'une mission de conservation du matériel trouvé lors de fouilles ou fortuitement. Les musées d'art contemporain doivent eux tenter de constituer des collections rendant compte des tendances qui se dessinent: il s'agit d'acquisitions ou même parfois de commandes. Les musées présentant les cultures antiques doivent également acquérir des objets sur le marché des antiquités tout en s'assurant de l'origine honnête des acquisitions. Certains musées ont dû rendre des objets dont il a été prouvé qu'ils provenaient de fouilles clandestines. Enfin les musées d'ethnographie doivent essayer d'obtenir des objets en respectant une certaine éthique: en effet, bien des objets qui finissent dans leurs vitrines sont encore considérés comme sacrés par des populations.
De fait, un grand point d’interrogation se dessine également sur l’avenir de certaines collections. De plus en plus, certains pays dont le passé est riche et dont le patrimoine est parti vers les musées occidentaux commencent à réclamer le retour de certains objets. Lors de la cérémonie d'inauguration de l'exposition "Egypte. Trésors enfouis", qui s’est tenue à Berlin, en mai 2006, en présence du président égyptien Hosni Moubarak, le secrétaire général du Haut conseil égyptien des antiquités, Zahi Hawas, a réclamé le rapatriement du buste de Nefertiti. Ce dernier a été remis par l'Empire ottoman à un archéologue berlinois en 1913. Il est actuellement exposé dans l'Alte Museum de Berlin. La Grèce réclame depuis longtemps déjà le retour des Marbres du Parthénon à Athènes. L’UNESCO se préoccupe de ces questions et tente de promouvoir le retour des biens culturels dans leur pays d’origine .
Si on part de l'objet lui-même, on peut constater que bien souvent, il a fait partie de plusieurs collections. Il a pu appartenir tout d'abord à une collection privée, puis légué à un musée. Ce dernier l'aura échangé contre un autre objet avec un musée. De même, les objets sont souvent exposés dans plusieurs expositions, faisant l'objet de confrontation et de commentaires divers.
Pour en savoir plus:
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/BAQUE/11810
Liste rouge de l'ICOM
Convention de l'Unesco
Comité intergouvernemental pour la promotion du retour de biens culturels à leur pays d'origine ou de leur restitution en cas d'appropriation illégale
Exemples de restitutions
L'organisation des champs scientifiques
Les champs dans lesquels s’inscrivent les musées centrés sur les œuvres et les objets, l’art, l’histoire, l’archéologie, l’ethnographie, s’organisent selon d’autres logiques. En histoire de l’art, la matière s’organise selon les écoles, les styles, les artistes. L’histoire privilégie bien sûr la chronologie, mais souvent sur une base régionale. L’archéologie a ses cultures, ses périodes. L’ethnographie peut présenter des objets selon une logique géographique ou selon les fonctions dévolues aux artefacts. Comment dès lors réunir des objets qui forment un ensemble cohérent, mais qui se trouvent dispersés dans des collections différentes, aux quatre coins du monde? C’est la question des musées imaginaires et des musées virtuels sur laquelle nous reviendrons plus en détail.
ET LE MUSEE VIRTUEL?
Grâce à la numérisation et à Internet, les objets des collections des musées pourraient acquérir une nouvelle qualité: l'
ubiquité. En effet, un objet présenté sur Internet au moyen d'une bonne iconographie et d'une documentation peut être vu de partout et il peut être associé à d'autres objets en tout temps.
- La localisation de l'objet devient moins essentiel. Peu importe où se trouve le buste de Néfertiti, du moment que je peux le voir quand je le souhaite. Les objets sacrés peuvent être rendus du moment qu'ils ont été bien documentés.
- Un musée virtuel présentant un domaine scientifique ou une thématique peut présenter des objets provenant du monde entier comme un ensemble répondant à une certaine logique.
- Si on avait une banque de données des musées comme on a celle des livres catalogués en bibliothèque, avec un identifiant unique, permettrait de retracer l'histoire des objets.
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