Remise en question des choix institutionnels
Les musées font partie de ces institutions qui font des choix pour la société, au même titre que les éditeurs par exemple, dans le domaine littéraire. Ils choisissent les oeuvres à mettre en avant. Internet permet de remettre ces choix en question. On peut discuter longtemps des compétences de chacun à juger et à s'exprimer: c'est un débat très actuel dans le domaine du
Web 2.0. Mais le concept de
longue traîne montre que chaque objet culturel peut trouver son public. En mettant toutes les collections sur Internet, on évite un choix fait par une institution, tout en permettant l'accès de chacun à tous. Avec la
longue traîne, on montre qu'il y a moins de best sellers. C'est à prendre comme un signe positif.
De plus, les publics sont multiples. Il y a le grand public qui, en grande partie, se désintéresse des musées et de la culture dite élitiste. Il y aussi le public des amateurs éclairés, qui pourraient jouer un rôle déterminant dans la mise à disposition du patrimoine et ne plus se contenter d'être des consommateurs. Il y aussi le public spécialisé. Si on prend le domaine de l'art, on sait très bien qu'il y a le cercle des personnes travaillant dans des musées et le cercle des universitaires. Comment ces derniers ont-ils accès au patrimoine, comment peuvent-ils présenter une vision alternative sans souffrir de la concurrence du musée? Des musées réellement collaboratifs les intégreraient dans leur construction.
On commence à voir des signes de ces publics qui se manifestent et disent vouloir participer à la mise en place des musées virtuels ou du Musée virtuel. Le site Flickr.com contient plus de 150'000 images avec le mot-clé Louvre. Beaucoup de ces photos représentent la cour du Palais du Louvre ou la Pyramide. En ce qui concerne les oeuvres, la Joconde et la Vénus de Milo ont la place d'honneur. Le mot-clé MOMA (Museum of Modern Art, à New York) permet d'accéder à 85'000 images environ. Plus loin, on a le Metropilitain Museum de New York, les musées Guggenheim, la Tate Gallery.Ce ne sont pas moins de 700'000 images à qui on a attribué le mot-clé de musée. Visiblement les visiteurs de musées apprécient de partager leurs images, leurs impressions. C'est peut-être ce phénomène qui a inspiré les initiateurs du site Photomoma. Il s'agit ni plus ni moins d'un musée virtuel constitué non pas par le musée, mais par les visiteurs du MOMA. Ceux créent une image parallèle, alternative, donnant leur propre vision du musée et surtout des oeuvres qui s'y trouvent.
Les initiateurs du site, un directeur artistique et un spécialiste de l'enseignement à distance, cherchent à illustrer les changements qu'impliquent Internet dans le regard sur l'art.
En effet, les musées donnent, à travers leurs sites et publications, une images d'eux-mêmes et des oeuvres qu'ils abritent. Aujourd'hui les visiteurs publient leur propre vision, qui a sa valeur propre. C'est ainsi qu'on peut voir les salles encombrées des grands musées, les foules qui se pressent devant certaines oeuvres, les appareils photos brandis main levée pour pouvoir tout de même prendre l'oeuvre pour laquelle on a fait un long voyage. Quant aux oeuvres, chacun y va de son cadrage et, quand c'est possible, de sa mise en scène.
Photomoma:
http://photomoma.org/
Site officiel du MOMA:
http://moma.org/
D'après:
http://www.be-virtual.ch/blog/index.php?entry=entry070912-220653
La culture est un bien commun
Les musées s'approprient aussi des droits sur ce qui est en fait un bien commun. Des peintures de la Renaissance sont dans le domaine public depuis longtemps. Les musées ont seulement la charge de les préserver, de les montrer. Mais chacun devrait pouvoir y accéder et même pouvoir disposer d'images documentaires afin de les réutiliser sur un blog ou un site Web.
Peut-on commercialiser ce qui est un bien commun? Et si oui, qui peut en retirer des bénéfices.
Revoir le rôle des musées
Le rôle des musées devrait être prioritairement celui de la conservation et de la mise à disposition du patrimoine. Les musées continueront à exposer leurs collections, mais ils devraient aussi offrir des services (prêt, mise à disposition d'images numérique)
à plus large éventail d'intermédiaires qui oeuvrent dans la diffusion du patrimoine.
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