Une culture à deux vitesses
A côté de ces projets pharaoniques, le tout-venant des musées, le musée de taille moyenne n'est pas très bien loti. En effet, un musée de brique et de ciment est une institution qui coûte cher, et pas seulement en gros-oeuvre. Il a aussi de grands besoins en infrastructures de diverses natures : système informatique, système de sécurité, laboratoire de restauration, etc.. Il se doit d’avoir un catalogue informatisé. Cela suppose bien sûr l’achat de logiciels et une formation du personnel.
Les institutions muséales nécessitent également un personnel nombreux et bien formé : conservateurs, restaurateurs, personnel de surveillance, guide, personnel administratif, spécialistes de la communication, du marketing .
Pour que les activités du musée soient connues et que le public viennent, il y des frais de marketing et de publicité : campagnes d’affichage, brochures, etc…
Tout cela coûte beaucoup d’argent. Les musées, qu’ils soient publics ou privés, vivent essentiellement de l’argent public, soit directement, soit sous forme de subventions. Or cet argent public se raréfie.
On trouve bien des exemples de musées où de grandes sommes d'argent ont été investies pour la construction d'un bâtiment, mais dont les frais de fonctionnement sont limites.
Les autorités comptent aussi beaucoup sur le mécénat ou le sponsoring, mais il est évident que les entreprises privées ne financent que des projets qui ont une certaine visibilité et qui leur assurent un certain retour d'image.
Nombre de musées n’ont pas la taille critique requise pour assurer une gestion professionnelle et partent donc avec un handicap considérable pour relever un tel défi. Les synergies n’ont été que très partiellement exploitées jusqu’à présent, ce qui veut dire que la coordination entre les musées pourrait être considérablement améliorée.
Il y a aussi une question que l'on pose rarement, c'est celle de l'adéquation entre la dépense et le retour. Un musée de taille moyenne n'attire qu'un public provenant d'un bassin de population relativement proche. De plus, ce public est relativement faible par rapport à la population globale. Si le but du musée est de faire connaître la thématique dont il s'occupe, de valoriser sa collection ou de contribuer à l'effort éducatif, on est parfois en droit de se demander s'il vaut mieux investir dans un musée en ligne, qui atteindra plus de gens et coûtera beaucoup moins cher.
Un exemple dramatique
Un musée allemand veut vendre un tableau pour réparer son bâtiment
Site du musée
Articles de journaux:
http://www.ksta.de/html/artikel/1156330334160.shtml
L'affaire se finit bien:
http://www.rp-online.de/public/article/regional/niederrheinsued/krefeld/nachrichten/372351
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